Leasing social 2026 : accompagner la transition de mobilité des salariés à coût nul
Voitures électriques à partir de 95 €/mois, vélo, speedbike, covoiturage sur les longues distances : un plan de mobilité complet qui réduit la précarité, le turn-over, les émissions et la pression foncière sur les parkings.
En juillet 2026, l’État a relancé le leasing social dans une troisième édition élargie : 37 modèles électriques neufs accessibles dès 95 €/mois, aide déduite, pour les foyers dont le revenu fiscal par part est inférieur à 16 880 €. Pour les employeurs, ce dispositif s’insère naturellement dans une politique de mobilité durable — sans aucun engagement financier de leur part.
Ce guide détaille comment l’articuler avec les autres leviers disponibles — vélo, speedbike, covoiturage, stationnement, organisation du travail — pour construire une offre adaptée à toutes les distances et à tous les profils.
La mobilité domicile-travail en France : les données
74 % des actifs en emploi déclarent utiliser leur voiture pour rejoindre leur lieu de travail. La voiture représente aussi 65 % des distances parcourues et 62 % du temps de transport. Ce n’est pas un choix culturel. C’est le résultat de décennies d’aménagement du territoire qui ont éloigné emploi et logement sans développer les alternatives correspondantes.
Distances et coûts par catégorie socioprofessionnelle
La distance médiane masque de fortes disparités. Les cadres travaillent plus loin mais bénéficient plus souvent de voitures de fonction, du télétravail et de localisations proches des transports. Les ouvriers et employés parcourent des distances similaires ou supérieures, sans alternative et avec les revenus les plus contraints.
Les ouvriers figurent parmi les actifs dont la part de revenu consacrée aux déplacements est la plus élevée, à distance comparable. Le coût de l’usage automobile a augmenté de 21 % pour le carburant, 26 % pour l’assurance et 44 % pour l’entretien entre 2014 et 2024, largement au-dessus de l’évolution des salaires (source T&E / INSEE série 001763643).
Environ 55 % des actifs en emploi effectuent plus de 10 km pour se rendre au travail — soit plus de 14 millions de personnes potentiellement dans le périmètre du leasing social.
Des situations concrètes signalées par les employeurs
Les directions ressources humaines et les responsables de site observent des situations que les statistiques ne capturent pas toujours :
Ces situations illustrent la fragilité du modèle domicile-travail actuel pour une partie des salariés. La voiture thermique reste indispensable à des millions d’actifs, mais son coût croissant crée des ruptures difficiles à gérer pour les employeurs comme pour les salariés concernés.
Le leasing social 2026
Le leasing social, relancé en juillet 2026 dans sa troisième édition, est un dispositif national. Il permet aux foyers modestes d’accéder à une voiture électrique neuve en location longue durée (location avec option d’achat ou location sans option d’achat), à des loyers réduits grâce à une aide de l’État déduite directement de la mensualité.
- Distance : plus de 10 km entre domicile et lieu de travail habituel, ou plus de 8 000 km/an parcourus à des fins professionnelles avec le véhicule personnel
- Revenus : revenu fiscal de référence par part ≤ 16 880 € (à partir du 3e enfant : +1 part entière)
- Première demande : ne pas avoir bénéficié du dispositif en 2024 ou 2025
- Contrat : location avec option d’achat ou location longue durée, 36 mois minimum, 15 000 km/an inclus
- Signature : à partir du 16 juillet 2026
- Véhicule : électrique uniquement, dans la liste officielle (prix < 47 000 €, poids < 1,8 t)
37 modèles, de 95 à 199 €/mois
La liste officielle du 28 juillet 2026 compte 37 modèles. Les citadines démarrent à 95 €/mois (Citroën ë-C3, Fiat Grande Panda), la Hyundai Inster à 99 €/mois. Les Renault Twingo E-Tech Evolution à 130 €/mois, la Renault 5 E-Tech Evolution à 139 €/mois. Ces montants sont hors assurance — sauf certains contrats qui incluent des mensualités d’assurance (50 à 100 €/mois selon le profil) et hors recharge (~2,5 cts/km). La comparaison avec le coût réel d’une voiture thermique reste favorable dans la grande majorité des situations.
Une rupture dans l’accès à l’électrique
Jusqu’au leasing social, la voiture électrique était réservée à une minorité. En 2024, l’acheteur type d’un véhicule électrique neuf était cadre ou profession libérale, propriétaire de son logement (avec accès à une borne), souvent détenteur d’une voiture de fonction passée en électrique pour des raisons fiscales. T&E documente que les aides à l’achat ont surtout soutenu les ménages aisés et les entreprises, finançant la montée en gamme des constructeurs plutôt que l’accès populaire.
Le leasing social cible spécifiquement les salariés qui n’auraient jamais pu financer seuls l’achat d’un véhicule électrique. Il propose des modèles compacts, adaptés aux trajets pendulaires, fabriqués en Europe. Un salarié technicien qui roule depuis 10 ans dans une vieille diesel achetée 3 000 € peut désormais accéder à un véhicule neuf, garanti, moins cher à l’usage. L’employeur n’a rien à financer. Son rôle est d’informer et d’orienter.
Pourquoi le leasing social est aussi une affaire d’employeur
Le leasing social est un dispositif individuel. Le salarié signe son contrat directement chez le concessionnaire. L’employeur n’est pas cosignataire, ne porte aucun risque financier, ne s’engage sur aucune garantie.
Quatre raisons concrètes de s’impliquer
1. Réduire la précarité mobilité des salariés
Un salarié qui consacre 15 à 20 % de son salaire net aux déplacements est sous pression financière permanente. Cette pression produit de l’absentéisme et du turn-over. L’accès à un mode de transport moins cher et plus fiable améliore la disponibilité et la fidélité.
2. Accompagner une transition durable moins subie
La pression énergétique est structurelle et s’intensifie. Le prix du pétrole est volatil. Le passage vers la mobilité sobre — vélo, covoiturage, électrique — réduit le coût d’usage et la dépendance aux fossiles. Accompagner les salariés dans cette transition est un engagement social concret, pas seulement une contrainte réglementaire.
3. Rééquilibrer l’accès aux bornes de recharge
Dans de nombreuses entreprises, les bornes de recharge ont d’abord profité aux cadres et managers équipés de voitures de fonction électriques. Le leasing social change ce récit. Les bornes sur le parking profitent désormais aux opérateurs et techniciens qui ne peuvent pas recharger à domicile (copropriété, logement sans garage).
4. Réduire la pression foncière des parkings
Une voiture occupe 12 à 15 m² au sol et est stationnée 96 % du temps. Chaque salarié qui passe au vélo ou au covoiturage libère une place. L’arrivée des véhicules électriques nécessite d’équiper ces places en bornes — ce qui crée une opportunité de rationalisation globale de l’espace de stationnement.
- Communiquer sur le dispositif dans les canaux internes (intranet, newsletter, affichage site)
- Organiser une session d’information avec le kit clé en main
- Orienter les salariés vers le calculateur d’éligibilité intégré ci-dessus
- Installer des bornes de recharge accessibles à tous les niveaux de poste
- Articuler le leasing social avec la politique vélo et covoiturage du site
Une entreprise de Marcq en Baroeul : le modèle de plan mobilité innovant qui précède le leasing social
Une entreprise de Marcq en Baroeul, filiale financière d’un groupe français, a déployé depuis 2016 — bien avant le leasing social — un plan de mobilité complet financé par l’entreprise elle-même. Les émissions CO₂ liées aux déplacements domicile-travail ont diminué de 50 % en dix ans. Ce plan représente exactement ce que le leasing social permet aujourd’hui de généraliser sans coût pour l’employeur : l’accès à des véhicules électriques et à des vélos pour les salariés, via un financement location avec option d’achat d’entreprise.
| Levier | Dispositif pilote (depuis 2016) | Équivalent disponible aujourd’hui |
|---|---|---|
| 🚗 Véhicule électrique | 100 voitures en location avec option d’achat financées par l’entreprise | Leasing social (éligibles) + crédit véhicule électrique (autres) |
| ⚡ Recharge | 50 bornes dont 40 rapides, gratuites sur site | Accès étendu aux salariés leasing social sans borne à domicile |
| 🚲 vélo à assistance électrique | 80 vélos électriques en location avec option d’achat | Conversion de salaire + Forfait Mobilités Durables + prêt à taux zéro CIC/CM |
| 👥 Covoiturage | 40 places de stationnement dédiées | PassPass, Karos, Mobicoop |
| 🚲 Vélos libre-service | 20 vélos gratuits en libre accès | Idéal pour trajets inter-sites ou gare → bureau |
| 🚌 transports en commun | 80 % des frais pris en charge | Obligation légale de remboursement à 50 %, pouvant être portée à un taux supérieur |
| 🏠 Télétravail | Déployé avant la pandémie | Réduit mécaniquement la demande de mobilité |
L’enjeu pour les autres employeurs n’est pas de reproduire à l’identique le modèle de l’entreprise nordiste, mais d’en tirer les principes : articuler les dispositifs par distance, assurer l’accès équitable aux infrastructures (bornes, parkings vélos), et communiquer activement auprès des salariés.
Quel outil pour quelle distance ?
La mobilité domicile-travail ne se réduit pas à un trajet unique. C’est déposer des enfants sur le chemin, faire du sport, assurer un rôle d’aidant le soir. C’est aussi la première cause d’accidents du travail (les accidents de trajet en font partie), un facteur d’attractivité et de turn-over, et un poste majeur du bilan carbone d’entreprise.
Vélo et speedbike : du bureau à la vitesse de croisière
La distance médiane domicile-travail en France est de 13 km. C’est précisément là où le vélo à assistance électrique (vélo à assistance électrique) est pertinent. À cette distance, un vélo à assistance électrique met 30 à 40 minutes — à peu près autant qu’une voiture en circulation dense. Sans le coût, sans le stress du stationnement.
Le vélo via l’employeur : trois mécanismes
1. La conversion de salaire
L’employeur met un vélo à disposition du salarié en échange d’une renonciation partielle au salaire brut. La mise à disposition est exonérée de cotisations sociales patronales (article L. 131-4-1 du Code de la sécurité sociale). La TVA est récupérable. La réduction de salaire brut diminue les cotisations salariales et reste compatible avec le versement du Forfait Mobilités Durables. Un vélo de 2 000 à 4 000 € peut revenir à moins de 50 €/mois pour le salarié, sans coût net pour l’employeur.
🚲 Calculer le coût réel du vélo via l’employeur →
2. Le Forfait Mobilités Durables (Forfait Mobilités Durables)
Le Forfait Mobilités Durables permet à l’employeur de verser une aide exonérée de charges sociales et d’impôt sur le revenu pour les trajets à vélo, en covoiturage ou en transports en commun.
| Secteur | Montant max (hors cotisations) | Cumul abonnement transports en commun |
|---|---|---|
| Fonction publique | 300 €/an | ✓ |
| Secteur privé | 600 €/an | ✓ |
600 € versés à un salarié coûtent moins qu’un abonnement parking mensuel (80 à 200 €/mois, soit 960 à 2 400 €/an).
💰 Tout savoir sur le Forfait Mobilités Durables →
3. Le Prêt à Taux Zéro vélo
Le CIC et le Crédit Mutuel proposent un prêt à 0 % pour l’achat d’un vélo à assistance électrique neuf ou reconditionné, jusqu’à 3 000 € sur 36 mois (~83 €/mois).
Le speedbike : pour les 15 à 30 km
Un speedbike est un vélo à assistance électrique capable d’atteindre 45 km/h, contre 25 km/h pour un vélo à assistance électrique standard. À ce titre, il est considéré comme un cyclomoteur :
- Immatriculation obligatoire (plaque jaune)
- Assurance de type cyclomoteur requise
- Port du casque obligatoire
- Âge minimum : 14 ans (brevet de sécurité routière BSR)
- Avantage : 25 km en ~35 min — comparable ou plus rapide que la voiture en milieu périurbain
- Éligible à la conversion de salaire comme le vélo à assistance électrique classique
En Belgique, les immatriculations de speedbikes ont atteint un record en 2026, portées par une indemnité kilométrique vélo de 0,37 €/km (plafond 3 690 €/an). Des modèles européens comme le Riese & Müller (Allemagne) ou le Stromer (Suisse) dominent ce marché. La France, avec son Forfait Mobilités Durables plafonné à 600 €/an, reste en retrait — mais le speedbike reste une option viable en conversion de salaire.
Covoiturage : potentiel réel, difficultés structurelles
Le covoiturage domicile-travail suscite de l’intérêt dans les entreprises depuis plus de 20 ans. Les bénéfices sont réels : partager les frais réduit le coût de déplacement de moitié, et chaque covoitureur libère une place de stationnement. Pourtant, la plupart des plans de covoiturage d’entreprise peinent à atteindre des volumes significatifs après les premiers mois.
Pourquoi le covoiturage domicile-travail peine à décoller
Plusieurs facteurs structurels expliquent les difficultés :
- La masse critique. Un service de covoiturage n’est fluide qu’à partir d’un certain volume d’utilisateurs. Sur les petits sites ou avec des horaires décalés, l’offre est insuffisante pour couvrir toutes les situations.
- La variabilité des horaires. La vie familiale, les réunions imprévues, les aléas de santé rendent difficile un engagement quotidien régulier avec un tiers.
- Le problème du retour garanti. Si le conducteur part plus tôt ou plus tard, le passager se retrouve bloqué. Sans solution de repli visible et disponible (taxi, transports en commun), le covoiturage est perçu comme risqué.
- La concentration sur les axes denses. Le covoiturage fonctionne bien sur les axes autoroutiers avec des horaires stables. Il est beaucoup moins efficace sur les trajets transversaux ou les horaires décalés.
Les plateformes disponibles
- PassPass Covoiturage : solution régionale Hauts-de-France, intégrée aux offres SIMOUV
- Karos : spécialiste du covoiturage courte et moyenne distance domicile-travail, avec modèle d’incentive employeur
- Mobicoop : plateforme coopérative pour trajets réguliers et occasionnels
Aller plus loin : rapprocher les salariés des postes
Une approche complémentaire consiste à réduire structurellement la distance — non pas en déménageant le salarié, mais en lui proposant un poste similaire sur un site plus proche de chez lui. La start-up 1 km à pied propose une logique de « mercato des postes » : identifier les salariés qui habitent à moins de X km d’un autre site de l’entreprise et proposer une mobilité interne. L’outil Keliste permet d’automatiser cette cartographie.
L’outil permet à un employeur multi-sites de cartographier la proximité entre les domiciles des salariés et les différents établissements. Il identifie les rapprochements possibles et accompagne la communication adaptée. À distance équivalente, une mutation interne supprime des kilomètres sans aucun investissement mobilité. www.1kmapied.com/outil →
Organisation du travail : moins de jours, moins de trajets
La réduction du nombre de jours de présence — semaine de 4 jours, horaires compressés — diminue mécaniquement le nombre de trajets hebdomadaires. Pour un salarié qui fait 30 km aller-retour, passer de 5 à 4 jours réduit de 20 % les km parcourus et la pression sur le budget carburant ou le covoiturage.
Cette approche s’applique principalement aux fonctions support et administratives. Les sites de production, de soin ou recevant du public (hôpitaux, EMS, commerce, industrie continue) sont structurellement contraints sur leurs horaires. Pour eux, les leviers sont différents : covoiturage ciblé sur les équipes stables, rapprochement de postes, leasing social pour les longues distances.
Politique de stationnement
Le stationnement gratuit et illimité est le principal subventionnement caché de la voiture en entreprise. Quand garer sa voiture ne coûte rien, l’arbitrage avec les alternatives est faussé. Le passage d’un coût fixe (abonnement mensuel) à un coût variable (paiement à la journée) modifie radicalement les comportements.
Loi APER et loi Huwart : les obligations réglementaires
- Parkings extérieurs > 1 500 m² : obligation de couvrir au moins 50 % de la surface en ombrières végétalisées ou photovoltaïques
- Délais : parkings 1 500–10 000 m² → délai au 1er juillet 2026 · parkings > 10 000 m² → délai dépassé dès 2025
Source : Préfecture de l’Hérault
Cadre juridique employeur
La loi LOM (2019) impose aux entreprises de plus de 50 salariés d’intégrer la mobilité dans les négociations annuelles obligatoires. Ces obligations peuvent s’articuler avec la mise en place d’un plan de protection de l’atmosphère (PPA) — notamment pour le périmètre lillois et le bassin minier — qui oblige les sites de plus de 250 salariés à déposer un plan de mobilité employeur (plan de mobilité employeur).
- Forfait Mobilités Durables : 300 €/an (public) ou 600 €/an (privé) — service-public.fr →
- Remboursement transports en commun : obligation légale à 50 %, pouvant être portée à un taux supérieur sans cotisations supplémentaires
- Vélo via l’employeur : exonération de cotisations sociales sur la mise à disposition — 2raventure.com/solutions-velos →
- Stationnement sécurisé vélos : obligation dans les bâtiments neufs (décret 2021-1000)
- Politique de stationnement : les aménagements induits par la loi APER créent l’opportunité de réviser les règles d’accès au parking
- Communication mobilité : plan de communication engagé pour valoriser les bénéfices d’une mobilité durable et les outils disponibles — dont le leasing social — auprès des salariés
- Bornes de recharge : installer des bornes accessibles aux véhicules électriques de tous les salariés (pas seulement les voitures de fonction)
- Formation conduite électrique : accompagner les salariés primo-accédants dans la prise en main d’un véhicule électrique
Ce que font nos voisins : trois modèles à retenir
Regarder ce qui fonctionne à l’étranger n’est pas une simple comparaison statistique. C’est identifier les mécanismes qui ont permis de déplacer des comportements massifs — et de comprendre pourquoi les mêmes leviers, déployés à moitié, produisent des résultats à moitié.
La Belgique : le budget mobilité comme bascule systémique
En Belgique, un salarié qui renonce à sa voiture de fonction peut réallouer la valeur de cet avantage vers d’autres modes de transport — vélo à assistance électrique, speedbike, transports en commun, logement proche du travail. Ce dispositif, appelé « budget mobilité », rend visible la valeur de la voiture de fonction et permet un arbitrage réel. L’indemnité kilométrique vélo atteint 0,37 €/km (plafond 3 690 €/an), contre 600 €/an en France. Résultat : les speedbikes atteignent des records d’immatriculation en 2026, et plusieurs grandes entreprises affichent plus de 20 % de cyclistes parmi leurs salariés.
Ce qui fait la différence n’est pas uniquement le montant de l’aide : c’est la visibilité du coût de la voiture et la liberté d’arbitrage laissée au salarié. Le budget mobilité est une bascule systémique, pas une incitation marginale.
Les Pays-Bas : l’infrastructure comme préalable
Aux Pays-Bas, 27 % des actifs utilisent le vélo pour aller travailler. Ce résultat ne tient pas qu’aux aides fiscales (vélo de fonction exonéré jusqu’à 749 €/an, aides à l’achat de véhicules électriques). Il tient d’abord à des décennies d’investissement dans des infrastructures cyclables sécurisées. Un employeur qui veut favoriser le vélo sans aménagement cyclable entre son site et les zones d’habitation bute sur un problème structurel que le Forfait Mobilités Durables seul ne peut pas résoudre. Les Pays-Bas montrent que la politique employeur et la politique de voirie doivent être coordonnées.
L’Allemagne : le Dienstrad-Leasing comme standard ressources humaines
En Allemagne, le leasing vélo en entreprise (Dienstrad-Leasing) est devenu un avantage social courant — équivalent au ticket restaurant en France. Des centaines de milliers de salariés ont accès à un vélo à assistance électrique ou un speedbike via leur employeur, avec un système de déduction sur salaire brut similaire à la conversion de salaire française. Ce qui distingue l’Allemagne : la standardisation de l’offre. Des opérateurs spécialisés (Jobrad, Lease A Bike, BusinessBike) ont simplifié le processus au point que l’employeur peut déployer le dispositif en quelques semaines. La France manque encore de cet écosystème de simplification.
Le crédit mobilité : donner le choix au salarié
Le crédit mobilité est une enveloppe globale qu’un employeur alloue à chaque salarié pour financer ses déplacements, sans imposer un mode spécifique. Le salarié arbitre librement entre les options disponibles — vélo à assistance électrique, speedbike, transports en commun, leasing social, covoiturage — en fonction de sa situation. Ce dispositif remplace ou se substitue à la voiture de fonction : le salarié renonce à son véhicule de service en échange d’un budget équivalent qu’il alloue librement à ses déplacements.
Ce mécanisme est inspiré du budget mobilité belge, en vigueur depuis 2019. Il s’adresse aux salariés disposant d’une voiture de fonction, qui peuvent renoncer à cet avantage en échange d’un budget équivalent réalloué librement. Le résultat en Belgique est une forte montée du speedbike et des transports en commun dans les entreprises où le dispositif est actif. lebudgetmobilite.be →
En France, la loi LOM (2019) a posé les bases d’un « forfait mobilités durables » qui s’en rapproche, mais avec un périmètre plus restreint (600 €/an, uniquement pour les modes actifs et les transports en commun) et sans la notion d’arbitrage sur la voiture de fonction. Des discussions sont en cours pour élargir ce dispositif, notamment via la réforme de la fiscalité des flottes.
Les salariés dont les revenus dépassent le plafond du leasing social peuvent être orientés vers :
- CIC / Crédit Mutuel : crédit véhicule propre à taux réduit, jusqu’à 30 000 €
- Caisse d’Épargne : offres mobilité durable avec taux préférentiels
- location avec option d’achat classique véhicule électrique : les constructeurs proposent des formules sans aide d’État pour les non-éligibles
Filières industrielles : deux transitions parallèles
Le leasing social n’est pas seulement un dispositif social. Il est aussi un levier industriel — pour la filière automobile électrique et, par symétrie, pour la filière cycle.
La filière automobile électrique : le leasing social comme débouché populaire
La France importe plus de 97 % de son pétrole. Chaque crise géopolitique — Ukraine 2022, tensions au Proche-Orient — se traduit par des hausses de prix et des mesures d’urgence coûteuses (12 milliards d’euros de remise carburant entre 2022 et 2024). Le leasing social accélère la transition électrique pour la partie de la population la plus exposée aux chocs pétroliers.
Parmi les 37 modèles éligibles, 9 sont fabriqués en France. La Renault 5 E-Tech, assemblée à l’usine ElectriCity de Douai, en est le symbole — présentée à la Grande Exposition du Fabriqué en France 2024. Les Nissan Micra (deux versions) sont également assemblées à Douai. L’intégration de ces modèles dans les communications mobilité constitue un argument de cohérence RSE et de soutien à l’emploi local.
La filière cycle : même logique, même urgence
Le parallèle avec la filière vélo est frappant. Lapierre (Dijon) est en redressement judiciaire depuis août 2026. O2Feel (Nord) cherche un repreneur. Ces difficultés illustrent une filière qui peine à trouver une demande domestique suffisante — alors que l’Allemagne et les Pays-Bas tirent leur croissance du leasing vélo en entreprise.
Un rapport de Cycling Industries Europe (2026) estime que le leasing vélo en entreprise pourrait représenter 15 à 20 % du marché européen du vélo à assistance électrique d’ici 2030. Le dispositif existe en France (conversion de salaire, Forfait Mobilités Durables) — il manque la même dynamique de déploiement que pour le leasing social véhicule électrique : une campagne de communication nationale, des opérateurs simplifiés, une incitation fiscale plus lisible.
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Un moment charnière pour la mobilité en entreprise
Le leasing social 2026 est la première mesure nationale qui rend la voiture électrique neuve accessible aux ménages modestes. Pour les employeurs, il représente un point d’entrée dans une politique de mobilité qui était jusqu’ici réservée aux grandes entreprises disposant des moyens de financer elles-mêmes l’accès aux véhicules électriques et aux vélos — comme l’entreprise nordiste l’a fait depuis 2016.
La troisième édition du leasing social est active jusqu’à épuisement des enveloppes budgétaires. Une quatrième édition n’est pas garantie. La fenêtre d’opportunité est ouverte — la question est de savoir combien d’employeurs l’utiliseront pour construire quelque chose de durable, et combien la laisseront passer.
Questions fréquentes
L’employeur doit-il cosigner le contrat leasing social ?
Un salarié en CDD ou en intérim est-il éligible ?
Les salariés dont les revenus dépassent le plafond peuvent-ils bénéficier d’un dispositif similaire ?
Leasing social et Forfait Mobilités Durables sont-ils compatibles ?
Comment prouver la distance domicile-travail ?
Un salarié peut-il recharger son véhicule électrique leasing social sur les bornes de l’entreprise ?
Qu’est-ce que le Cyclescore ?
Le plan de mobilité employeur est-il obligatoire ?
Le leasing social impacte-t-il le bilan carbone Scope 3 ?
Sources et références
- T&E (2026), « La voiture, bombe sociale : comment renouer avec une mobilité qui simplifie la vie ? » — Léo Larivière, Marie Chéron, Diane Strauss
- T&E (2026), « Pétrole, électricité, métaux : de quoi voulons-nous vraiment dépendre pour faire rouler la France ? »
- T&E (2026), « Quel avenir pour l’industrie automobile Made in France ? »
- INSEE — Enquête mobilité 2021 (74 % voiture) · Distances domicile-travail 2023 · Série coût voiture 001763643
- Observatoire des territoires — Distance domicile-travail par catégories socioprofessionnelles
- ADETEC (2022), Coût complet de l’automobile
- Wimoov (2024), Baromètre précarité mobilité
- Service-Public.fr — Leasing social 2026
- ecologie.gouv.fr — FAQ officielle leasing social
- ecologie.gouv.fr — Liste officielle véhicules éligibles (PDF 28/07/2026)
- Renault — Renault 5 — Grande Exposition Fabriqué en France
- VRT News (2023) — UZ Gent — restriction parking <3 km
- Planetizen — Gates Foundation — parking journalier payant
- Cerema (2023) — Véhicules intermédiaires
- Mobilit.belgium.be — Avantages fiscaux vélo Belgique
- lebudgetmobilite.be — Budget mobilité Belgique
- Cleanrider (2026) — Speedbikes Belgique — record immatriculations
- Cycling Industries Europe (2026) — Unlocking the potential of bike leasing in the EU
- Filière Vélo / ADEME — Cyclescore 2024
- 1 km à pied — Keliste — rapprochement domicile-travail
- Préfecture de l’Hérault — Obligations ombrières PV parkings
- 2Raventure — Guide speedbike · Plan vélo en entreprise · Coût réel du vélo · Forfait Mobilités Durables · plan de mobilité
- Service-Public Entreprises — Forfait Mobilités Durables

